Etre lapidé
Ils lui offriront donc la mort par lapidation (lapis-lazuli) mais ça ne sera pas là un collier de joie.
Se figurer un instant l’instant où le roc lui fracassera le crâne, l’écho au cœur ne sera pas musique.
Elle, enfoncée jusqu’au torse dans la terre, incapable de parer aux coups, dans la frayeur du don qui lui sera fait et l’obligation monstrueuse de le recevoir, elle n’aura que la possibilité d’être spectatrice de cet instant vertigineux où la pierre voyagera, depuis la main qui la jettera, jusqu’à son visage qui se brisera avant de s’éteindre, emporté au gouffre rouge des haines pour noyer toutes les secondes de sa vie.
Texte de Wajdi Mouawad, au sujet de Sakineh Mohammed Ashtianim, condamnée à mort par lapidation en Iran. Cette lapidation doit intervenir dans les prochains jours.
au même moment j’entends l’histoire de cette mère lachant son bébé d’un huitième étage…et je relis ton texte…et j’ai froid, froid de ce qu’on peut faire aux quatres coins du monde lorsqu’on perd la raison. Qu’elle soit d’ordre politique ou simplement humaine.
Froid aussi pour ce père, deux ans avec sursis pour avoir laissé son enfant dans la voiture en plein cagnard et l’avocat qui se demande s’il va faire appel, sans rester silencieux en mémoire de la souffrance certaine que cet enfant abandonné a vécu avant de mourir. ça , on n’en parle plus et pourtant, et pourtant.